“La bande originale” на радио France Inter

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Paricia Kaas est l’invitée de La Bande Originale pour nous présenter son nouvel album

La bande originale du jour : Leïla Kaddour-Boudadi, Daniel Morin, Richard Lornac, Tom Villa et Frédérick Sigrist.
Paricia Kaas est l’invitée de La Bande Originale pour nous présenter son nouvel album éponyme.

Ça passe ou ça Kaas. On appelle ça un burn out. Un truc qui vous prend au cœur et au corps, qui enraye sournoisement la machine. Chez Patricia Kaas, cet accident de parcours, a signé sa renaissance artistique et personnelle. Il l’a mené à enregistrer « Patricia Kaas », premier album éponyme de sa carrière, dixième album studio, première collection de titres originaux depuis treize ans. Nouveau départ, nouvelle vie, nouvelle approche musicale. Sans ce maudit/béni burn out, on n’aurait donc jamais fait la connaissance d’ « Adèle ». L’adolescente de la ballade féministe de Ben Mazué, que sa mère prend à part pour lui expliquer que le sexe prétendument faible, dans ce monde d’hommes, doit toujours batailler deux fois plus pour s’imposer et que l’interprétation bluesy intimiste de Patricia Kaas, suffit à rendre bouleversante. Le jeu subtil à la guitare acoustique et à la slide guitar de Fin Greenall, leader du groupe anglais Fink et orfèvre du son roots (John Legend, Amy Winehouse), fait de ce morceau un moment suspendu dans le temps, hautement mélodique, spécial.

Oui, sans cette pause rédemptrice, Patricia Kaas aurait continué à être quelque chose comme l’artiste interprète populaire exemplaire, parfaite, une bête de scène capable, par son charisme, son sens pointu de la mode et son professionnalisme, d’incarner à elle toute seule la France à l’étranger, ayant, d’instinct, saisi toute l’élégance de son métier et rendu brillamment hommage à ses icônes (à travers « Kabaret » et « Kaas chante Piaf »). Sans renier son statut, ni ses origines modestes, son appartenance à une famille nombreuse du bassin lorrain, ses valeurs « d’âme et d’honnêteté », la star, première artiste française à signer avec Live Nation Monde, a pourtant cessé d’être « cette femme qui fuit », marquée par des deuils précoces, celle qui avait trouvé refuge dans le travail et l’amour du public pour mieux éviter l’angoissante confrontation avec son chagrin. En s’ouvrant davantage à la vie, en faisant confiance à ses goûts et à ses aspirations, celle qui avait jusque-là péché par trop d’humilité s’est reconnue, étonnée, émue, dans la nouvelle tribu musicale que Bertrand Lamblot, son directeur artistique, aura patiemment réunie autour d’elle.

En acceptant « d’assumer ses fragilités, ses complexes et ses failles », d’oser perdre parfois la bataille et d’avouer qu’elle a, comme tout le monde, « besoin d’une épaule pour poser (s)a tête », cette battante enfin apaisée – en témoigne son nouveau tatouage, une blonde qui lui ressemble, l’air serein – s’est soudain trouvée de taille à défendre de nouvelles causes, de nouveaux combats. Les chansons les plus poignantes de cet album en témoignent. Icône gay, apôtre de la tolérance, elle a commandé à Pierre-Dominique Burgaud et Rémi Lacroix une chanson sur « Le Refuge », l’association que la chanteuse Jenifer lui a fait connaître, et qui vient en aide aux jeunes homosexuels chassés de leur domicile par leurs parents. Sans préméditation aucune cette fois, elle a eu envie de chanter « La Maison En Bord De Mer », glaçant témoignage à la première personne d’un inceste, écrit d’un trait par Pierre Jouishomme, particulièrement inspiré. Et le superbe texte signé Rose, martelé par le rythme obsédant de Rémi Lacroix, « Cogne », qui évoque le sinistre quotidien d’une femme battue.

Дата: 22.11.2016
Время: 11:00 (13:00 МСК)
Радиостанция: France Inter (Франция)