La Voix du Nord, 27 марта 2017

ΈλεναPress

Patricia Kaas à Lille et Dunkerque : « Mes cicatrices ont fait de moi la personne que je suis »

Treize ans que Patricia Kaas n’avait pas sorti d’album de chansons originales. La « fille de l’Est » est de retour avec une douzaine de chansons inédites. Apaisée. À retrouver sur scène à Lille et à Dunkerque.

– Dans une de vos chansons, vous déclinez vos émotions sur la forme d’un bulletin météo. Pour reprendre son titre, comment est votre « météo personnelle » aujourd’hui ?

« Elle est plutôt ensoleillée. Là, je compte un peu les jours, parce qu’aujourd’hui (1) c’est le quarantième concert en deux mois et la fatigue s’installe un peu. Alors le ciel est un peu voilé, mais le soleil apparaît tous les jours à 20 h 30, quand je monte sur scène et que le public me donne l’énergie d’y aller. »

– La tournée a commencé en janvier. Comment se sont passées les retrouvailles avec le public ?

« C’est super. J’ai fait deux tournées, Kabaret et Kaas chante Piaf, qui étaient plus des concepts que des concerts, puisqu’avec Piaf je ne chantais aucune de mes chansons et que Kabaret était un hommage aux années 1930. Ça fait plus de treize ans que je n’avais pas sorti d’album de chansons originales. Je sens le public content de me retrouver avec mon répertoire. »

– Votre nouvel album s’intitule simplement « Patricia Kaas », comme un retour aux sources…

« Oui. Avant Kabaret et Kaas chante Piaf, j’avais beaucoup enchaîné les albums et les tournées. Aussi, je pense que j’avais besoin de passer par deux projets comme ceux-là pour m’évader un peu, aller ailleurs, apprendre d’autres choses. Tout cela, c’était certainement pour mieux me retrouver. Après, c’est aussi une façon de marquer un nouveau départ dans ma vie de femme. »

– Un nouveau départ, c’est-à-dire ?

« Avec l’âge, le temps qui passe, l’expérience de la vie, je me sens mieux dans ma peau, plus sereine. Tout me paraît plus simple. C’est ce qui me permet d’aborder des thèmes assez profonds, avec des chansons sur le deuil, l’inceste, les violences conjugales… Mon album est assez engagé émotionnellement. »

– Vous chantez depuis trente ans. Êtes-vous quelqu’un de nostalgique ?

« On est forcément marqué par plein de choses qu’on garde en soi. Après, j’aime bien vivre dans le présent. D’autant que j’ai l’impression de me sentir mieux après tant d’années. Peut-être parce que je suis parvenue à faire le deuil de certains moments, que j’arrive dans un âge plus proche de la fin que du début. Et si j’ai des cicatrices, celles-ci renferment ce qui fait de moi la personne que je suis. Si bien qu’aujourd’hui, je regarde avec fierté ce que j’ai fait. »

– Quelles chansons allez-vous interpréter sur scène et qui vous accompagne ?

« Il y a cinq musiciens autour de moi, pas de mise en scène, pas de chorégraphies comme il y en avait sur les deux tournées précédentes. Il y a un petit décor bien sûr, on est un peu chez moi. J’interprète pas mal de nouvelles chansons que j’ai réadaptées pour la scène et plus d’une douzaine de chansons connues, Entrer dans la lumière, Il me dit que je suis belle, Mon mec à moi, Mademoiselle chante le blues, Kennedy Rose et Une dernière semaine à New York que je n’ai pas chantées depuis longtemps. »

(1) L’entretien a été réalisé le 14 mars.

Vendredi 31 mars, à 20 h 30, au Zénith à Lille ; samedi 1er avril, à 20 h 30, au Kursaal à Dunkerque. 70/59/45 €.

Romain Musart

Источник:
La Voix du Nord